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août 19
AuteurJean Jr. Landry   

Blanche-Neige et la Bête

Le temps est précieux, non? Or puisque j'ai reçu l'honorable mission d'éclairer les lecteurs d'Humour Québec sur deux contes de fées (Blanche-Neige et La Belle et la Bête) , j'ai pris la périlleuse décision d'amalgamer les deux contes et d'en faire une bouillie délirante que je vous suggère de ne consommer qu'à jeûn. En fait, je vous suggère même d'être à jeûn en tout temps car la vie est tellement belle... mais bon... allons droit au but...

Il était une fois une jeune femme albinos qui avait les yeux gris et la peau blanche. Malgré son air de grenouille morte, elle était tout de même sympatique. On l'appelait Blanche-Neige. Comme dans tous les contes de fées, Blanche-Neige avait une belle-mère très méchante. D'ailleurs, cessez de vous questionner sur tout ce tapage autour des belles-mères. Les contes de fées sont responsables de ce lavage de cerveau qui a amené l'humanité à croire que les belle-mères sont méchantes. Mais dans le cas de Blanche-Neige, il faut avouer que la belle-mère était un sacré numéro. On l'appelait la Bête.

La bête se regardait chaque jour dans le miroir, éprise d'elle-même, en totale pamoison devant la forme de ses sourcils et le teint de ses joues. Maybe it was Maybelline. Ayant des antécédents familiaux de désordres mentaux, on la surprenait même parfois à discuter avec son miroir. Bref, un cas désespéré.

Pendant ce temps, Blanche-Neige gambadait dans le jardin, essayant tant bien que mal de profiter du soleil et de prendre un meilleur teint. Mais étant albinos jusqu'à la moelle, elle ne retirait de ces sorties au soleil que des boutons étranges qui lui donnaient un air d'amanite tue-mouche.

Un jour, la Bête fut frappée d'une implosion de l'inconscient qui lui donna un sentiment de rejet intense et universel. Elle cru même entendre son miroir se foutre de sa tronche et lui dire que sa belle-fille tue-mouche était beaucoup plus jolie qu'elle. La bête couru donc jusqu'au jardin et annonca solonnellement à Blanche-Neige qu'elle était virée, transformant notre amanite tue-mouche en amanite vireuse.

(En passant, si ces histoires d'amanites vous plongent dans la confusion, faites vos recherches dans Google Image et cessez de geindre. Vous ne vous attendiez tout de même pas à ce que je vous donne tout cuit dans le bec?)

Bon. Blanche-Neige fit sa valise, y placant délicatement deux robes, trois souliers et un tube de crème auto-bronzante. Puis elle leva les feutres.

Comment appellent-ils cela? La synchronicité? Quel que soit le terme, une force transcendante se mit à orchestrer les événements afin que Blanche-Neige ne termine pas sa vie dans des quartiers malfamés. A peine avait-elle quitté sa belle-mère qu'elle rencontra un médecin spécialisé en texture de pommes rouges. Ne riez pas. Il faut se spécialiser de nos jours. Le médecin, voyant que Blanche-Neige vagabondait, lui offrit un emploi de secrétaire dans son cabinet de médecine métafabuleuse. Ce cabinet réunissait sept spécialistes, affectueusement appelés les septs nains. Pourquoi? Parce que "Blanche-Neige et les sept spécialistes en médecine métafabuleuse" aurait été un titre décidément ennuyant pour les enfants. On opta donc pour les septs nains. Quoique les septs gaillards mesuraient plus de 6 pieds. Mais en les plaçant côte à côte avec des giraffes, ils semblaient minuscules. Donc, tout es ok.

Blanche-Neige débuta donc son nouveau boulot. Elle fit tranquillement connaissance avec les septs médecins, que voici:

JERRY, spécialiste en texture de pommes rouges.

BERNARD, spécialiste en aérodynamisme du cuir chevelu

FLINCH, spécialiste en contusions de l'index et du majeur, en voie d'obtenir un certificat en contusion de la grosse orteille gauche.

Voilà. Blanche-Neige se sentait épanouie dans son métier de secrétaire. Certes, elle prenait moins de bain de soleil mais au moins elle avait maintenant une paie à chaque semaine et pouvait essayer une plus grande variété de crèmes auto-bronzantes. FLINCH essayait d'ailleurs de dissuader Blanche-Neige d'utiliser ces crèmes: "Si une de ces crèmes arrive à te faire bronzer, tu seras désormais appellée Brune-Neige, ce qui évoquera nécessairement les bancs de neige montréalais, ce qui sera très mauvais pour ta carrière." Mais Blanche-Neige, malgré sa candeur, avait du même coup une tête de cochon incomparable et ne broncha pas d'un iota.

Bon. Vous croyez que je n'ai rien pigé de ce qui se passe en vous présentement? Oui, oui, je m'adresse à vous, chers lecteurs. Vous vous dites: "Eh ben... il devait présenter sept médecins et il n'en a présenté que trois!" Outre le fait que ce détail est d'une insignifiance titanesque, il fait également partie de la vie intime de ce cabinet. Alors pourquoi perdre toute votre concentration et vous mettre dans tous vos états pour si peu? Resaisissez-vous et poursuivez la lecture maintenant...

Un jour, une cliente entra dans la clinique et discuta un moment avec Blanche-Neige. Parmi les sujets abordés: la pluie, le beau temps et le mascara. Tout le contenu d'un magazine Chatelaîne en moins de 15 minutes. Une aubaine. Après avoir tourné et retourné ces profonds sujets en tous sens, la cliente sembla prise d'un profond sentiment d'attachement envers Blanche-Neige et lui offrit une pomme. Blanche-Neige la mangea. Et tomba dans le coma. C'était une pomme empoisonnée, évidemment. Cette cliente était en fait la belle-soeur de Blanche-Neige, envoyée par la Bête afin que ses jours cessent de couler paisiblement en compagnie des septs nains.

À 824 kilomètres de là, un tas de souris s'ennuyaient à mourir car leur maîtresse, qui s'appelait Cendrillon, était en cavale depuis une éternité avec son prince charmant. Pour passer le temps et être utiles à la société, elles ouvrirent donc une agence de rencontre. A nouveau, la synchronicité fit son oeuvre et les septs nains virent une publicité provenant de cette nouvelle agence prometteuse. Ils se concertèrent et décidèrent de placer une annonce dans le journal pour caser leur secrétaire comateuse:

" Jeune femme plutôt paisible cherche prince ".

Le premier appel fut le bon. Un prince vivant tout près voulait rencontrer Blanche-Neige dans les plus brefs délais. Les septs nains injectèrent donc 7 ml de résine de sabot de gnou dans les veines de Blanche-Neige afin qu'elle soit temporairement extirpée de son coma, qu'elle puisse embrasser son prince et ainsi revenir à une vie normale et terminer les dossiers qui s'accumulaient au cabinet des médecins. Bien que le remède temporaire fonctionna, il laissa Blanche-Neige dans un état de confusion plutôt inquiétant. Mais qu'importe. Ce n'était que pour un court temps.

Le prince fixa le rendez-vous dans un château, à la chambre 224. Blanche-Neige s'y rendit. Ou plus exactement, elle crut s'y rendre. Car en fait, la confusion la poussa à se rendre au château de sa belle-mère!

Blanche-Neige arriva à la chambre 224. La pièce était sombre comme l'intérieur d'une bouche de chimpanzé. Vous voyez le genre... Blanche-Neige entra. Elle entendit une profonde respiration provenant du lit. Elle s'approcha à pas feutrés et se pencha pour embrasser son prince. Vous vous doutez de la suite. Son prince était en fait la Bête, qui dormait d'un sommeil d'oppossum. Elle embrassa donc la Bête, qui se redressa brusquement sur son matelas. "Quoi? Quoi? De quoi s'agit-il?" Mais avant qu'elle puisse protester plus longuement, une gerbe d'étincelles multicolores apparut autour d'elle et elle se transforma en crayon-feutre.

Blanche-Neige, folle de joie, empoigna le crayon-feutre et le brandit dans les airs en s'écriant:

"J'ai toujours sut que je finirais mes jours sur le parquet de la Bourse".

Quoi? Vous vous attendiez à une réplique plus glorieuse? Je vous rappelle gentiment que Blanche-Neige était confuse. Injectez-vous 7 ml de résine de sabot de gnou et cela vous guérira de cette fâcheuse tendance à juger les personnages de contes de fées.

Blanche-Neige reprit donc son boulot, utilisant son crayon-feutre à qui mieux-mieux jusqu'à ce qu'il soit vide. Elle le mit donc à la poubelle après quelques semaines. La Bête finit donc ses jours au dépotoir municipal. La belle finit ses jours comme directrice adjointe. Et les septs nains marièrent les septs souris.

Isn't that cute?

AuteurJean Jr. Landry
publié le 19 août 2008 @ 23h42
CatégorieAbsurde  Commentaires7 commentaires






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 Bonjour Jean , excellente réplique de ta part, j'appuie à 100% ton point de vue,  et je crois que tu as raison sur la méthode d'écrire. Il n'y en a pas une de *plus meilleure que l'autre* , alors bonne chance à toi pour la suite de ta carrière...   

   PS, la semaine prochaine, à la Grande bibliothèque, un invité Français, organise un grand -cadavre exquis- auquel tous sont invités à participer....plaisir littéraire en vue... 

 
Marc Vincent posté le 21 août 2008 @ 20h28
 

Alors adieu ou au revoir, Ho, toi qui nous a éclairé la nouvelle route de vérité! Tu resteras à jamais gravé dans nos mémoire comme celui qui à déjoué les complots des contes de fées!

Enfin, j'ai aimé ce conte-là autant que les autres, c'est-à-dire beaucoup.. J'espère que tu reviendras nous écrire un petit mot pour dire que tu es toujours vivant au moins à Noël et ou jour de l'an, disons! :) Alors bonne chance dans ta vie très occupée! :P

 
unedebileditbonjour posté le 21 août 2008 @ 14h25
 

Merci à Marc et einalem58 pour vos commentaires.

 @ einalem58: Tu peux toujours visiter dimanchematin.com à chaque semaine pour te mettre d'autres textes sous la dent.  Je te remercie d'avoir pris la peine de me laisser des commentaires de temps à autre. Sourire

 @ Marc Vincent: T'inquiète.. je prends pas ça mal.  Tout le monde a ses préférences en humour ou en littérature.  A ce propos, je ne crois pas nécessaire de s'ajuster au marché.  Je ne veux pas prostituer ma plume pour gagner plus d'adeptes ou pour m'adapter à un rythme qui n'existe que dans la tête des gens.  Le rythme a toujours été le même depuis la nuit des temps: environ 72 BPM, soit le battement du coeur.  J'écris à ce rythme.  Certains aiment.  D'autres pas.  C'est parfait ainsi.  C'est toute la beauté de l'art. Merci à toi aussi d'avoir investi quelques minutes de ta vie pour me laisser des commentaires. Cool

 
Jean Jr. Landry posté le 21 août 2008 @ 00h49
 

désoler marc, moi je prefere les textes long bourré d'humour, de choses qui devie totalement du sujet pour revenir, six paragraphe plus bas, au sujet principale.

 chacun ses gouts

 
einalem58 posté le 20 août 2008 @ 22h03
 

 Merci Jean de cet effort -titanesque- afin de pondre un conte revisité et  émoulu du conte des milles et une nuit, fort populaire et connu de Blanche neige et ses sept mains...Tres  intéressant...mais lassant. erreur classique, de ...longueur....

 Mais là où il y avait originalité et couleur, nous sombrons dans l'allongement de la sauce, qui nous fatigue et ...nous amène à *pitonner* à savoir, aller ailleur voir ce qu'il y a d'autre.

        Bibitte qui guette quiconque se plait à écrire, il faut être bref, prompt et court, et virer le cap au chapitre ou au milieu de..

 J'suis pas journaliste mais le -tempo- de 2008 est celui-là...

Prends pas ça mal, il faut s'ajuster et le marché est sans pitié ,,,.  

 
Marc Vincent posté le 20 août 2008 @ 21h35
 

Héhé j'espere te revoir tes écrits sont toujours agréable a lire !

Revien-nous un jour !

 
einalem58 posté le 20 août 2008 @ 11h58
 

J'espère que désormais vous raconterez les vrais contes à vos enfants.

 Celant étant dit, veuillez prendre note que je n'écrirai plus de chroniques régulières sur HQ car je dispose de peu de temps (je vous le jure!) et que j'ai commencé à contribuer au site de dimanchematin.com, ce qui nécessite déjà un bon investissement de temps et de jus cérébral.  Je dois donc vous dire au revoir.  Peut-être qu'à l'occasion je reviendrai pondre un oeuf sur HQ.  Peut-être que non.  Qui sait?

 Prenez soin de vous et souriez. Cool

 
Jean Jr. Landry posté le 19 août 2008 @ 23h52


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