Étant donné que ces temps-ci je suis une décapée mentale (au p’tit comique qui va dire que je le suis tout le temps : je suis plus forte que toi alors fais attention à ce que tu dis) j’ai décidé d’aller m’exiler sur une île déserte, loin de toute forme de vie humaine, là où les lynx ont des cornes de taureau comme dans le film Les Gardiens.
Un peu déçue de ne pas trouver cet endroit sur LACAPITALEVENDULACAPITALEVENDU(grosse voix grave)POINTCOM j’ai décidé d’aller me réfugier dans ma maison d’hiver, qui est aussi ma maison d’été quand c’est l’été.
Je partais pour la semaine, bien heureuse de dire à tout le monde autour de moi en gonflant mes narines : « J’M’EN VAAAAAS!!!! » en leur montrant mon gros doigt du milieu.
Oh, que je me sentais indépendante et fière! Je m’en allais m’enfermer là où le cellulaire pogne pas t’t’à fait’, avec un livre, du papier, des crayons, plein de DVDs (mais pas de films sentimentaux parce que les sentiments ça pue) et une poche de temps rien qu’à moi.
J’étais tout énarvée : j’allais pouvoir faire CE QUE JE VOULAIS de ma peau : dormir à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, manger ce que je veux à l’heure que je veux, me promener en bobettes toute la journée, (me déguiser en fille et) chialer pour rien, avoir l’air bête le plus possible, ON S’EN SACRE : j’étais pour être TU SEULE pendant une semaine complète d’emmerdement total.
Ça, c’était avant que je reçoive le coup de fil de ma tante : « Ouain… mauvaise nouvelle : y’a pas d’eau dans le nord, les tuyaux sont gelés. »
J’ai beau être d’une indépendance ferme et puissante; j’ai beau être fière et sauvage dans l’adversité, mais un moment donné, y’a des limites à faire pipi dans la neige. D’autant plus que j’ai même pas le luxe d’être capable d’écrire mon nom (…en faisant pipi, je veux dire. Parce que pour vrai je suis capable de l’écrire, mon nom. Regardez : Catyhijgidej….. (………….shit)).
Mon séjour d’une semaine est donc devenu une escapade de 24h durant laquelle j’allais en profiter pour battre le record du plus long laps de temps sans uriner ». Avec un peu de chance, ma vessie exploserait et j’aurais une excellente anecdote à raconter.
Malheureusement pour vous, ma vessie est encore parfaitement fonctionnelle.
Et j’en profite pour vous rappeler que je ne louche pas.
Ceci dit, ça fait 9 paragraphes que je vous fais des préliminaires, entrons maintenant dans le vif du sujet.
Superbe soirée : chauffage, pantalon slack, grosses couvertes; je me suis endormie sur le divan comme un gros lâche pas capable de prendre sa vie en main.
Rassurez-vous : je n’ai pas dormi la bouche ouverte. Parce que dormir la bouche ouverte, ça veut dire s’abandonner complètement. Et s’abandonner complètement, ça pue.
7h45, je me réveille encastrée dans le divan et comme je n’ai pas de rendez-vous important et que je suis une grosse larve humaine, je décide d’écouter The Jerk. J’ai plein de plaisir et pour que ça soit vraiment parfait, tout ce qu’il me manquerait, c’est des mains de gars qui me flattent le dos (mais je vais quand même pas le dire fort : après tout c’est moi qui a décidé de partir toute seule loin de tout et tout le monde (je me suis donc auto-flatté les bras.))
Une fois mon film terminé, je me suis rendue compte que j’avais envie d’en écouter un autre.
Taboire, j’étais dans le jus!
Je me suis donc tapé The Three Amigos, un bon vieux film qui a failli me tuer de rire dans la scène où Chevy Chase se fait pogner dans une garde-robe et qu’il fait un sursaut de la mort. Maudit que c’est drôle, des gens qui font le saut… sauf quand ces gens-là c’est moi (au p’tit comique qui voudrait me faire faire le saut dans un avenir rapproché : je suis toujours plus forte que toi) (et j’ai un doctorat en pétage de tibias) (et j’aime aussi beaucoup manger des yeux encore humides) (et déchirer des narines avec mes doigts est un projet à moyen-terme).
J’ai fini par aller me coucher.
Là je vous avouerai qu’un massage de pieds aurait été le summum du plaisir possible et imaginable. Mais quand je me suis réveillée à midi, en étoile diagonale dans le lit, les couvertes dans un état lamentable, j’ai pensé : « damn right », parce que je suis vraiment bilingue, et c’était ben correct.
La veille, je m’étais brossé les dents dans un verre. J’avais donc un verre à laver avant de partir. Comme il n’y avait pas d’eau dans le robinet, j’allais faire ça old school sur le balcon (ah oui, je suis tellement moyen-âge, moi, je suis capable de laver des verres sans lavabo!). Je ne vous explique pas ma méthode, parce que ça voudrait dire « partager mon intelligence absolue » et ça, j’ai pas envie.
C’est LÀ que l’aventure est survenue!!!!!
En sortant avec mon verre, ma cruche d’eau et ma goutte de savon, je me dis que je devrais fermer la porte pour ne pas refroidir toute la maison.
(Applaudissements soutenus) (sifflements percutants) (bravos sarcastiques)
Pourquoi j’avais barré la porte de l’intérieur, moi? Aucune idée.
Mais je me suis retrouvée coincée dehors, avec une cruche d’eau, un verre, une goutte de savon, et un air d'épaisse collé dans' face.
Mes clefs faisaient leur agace-débarre sur le tapis d’entrée à l’intérieur, en m’envoyant des sourires par la fenêtre, et tout mon stock de voyage avait l’air de dire : « Ne nous abandonne pas Catyhijgidej!!! » (merde, j’ai définitivement un problème…)
Je feelais pas bien. J’étais en jeans (je le sais : je suis tellement wild, de porter des jeans comme ça, free-style!), veste et bottes.
Une MAUDITE CHANCE que j’avais mis mes bottes!!!!
J’ai donc entrepris de me rendre à l’arrière de la maison, pour voir s’il n’y avait pas une façon d’entrer par infraction.
Le problème, c’était juste les 8 pieds de neige molle qu’il y avait entre moi et ma solution.
À chaque pas que je faisais, je m’enfonçais jusqu’à la cuisse et pour la première fois de ma vie, j’ai eu peur de mourir. Et y’a pas à dire : je suis quand même super courageuse!
Je me suis dit : « Ça y est. C’est fini. Je vais me noyer dans la neige et on va rire de moi pendant les 15 prochaines années. »
Même Vous Trois, je suis certaine que vous auriez eu peur.
Mais bon. Je suis en train de vous écrire, alors je m’en suis sortie, forcément.
Comment j’ai fait? Eh bien j’ai eu la super brillante idée de marcher à 4 pattes pour mieux répartir mon poids. ((Soupir) des fois c’est épuisant d’être aussi brillante)
Ça m’a permis de me rendre à une fenêtre, que j’ai trafiquée d’une façon que je ne vous expliquerai pas (tout ce que je peux vous dire c’est qu’on va devoir la remplacer); disons simplement que j’ai fini par atterrir à l’intérieur, haletante et faible, mais surtout vraiment fière de ma shot.
OUI, MONSIEUR.
Moi je SURVIS coûte que coûte, par delà le vent, la tempête et les 8 pieds de neige.
Rambo, c’est moi.
Ouais toute qu'une aventure !
Mais honte a toi, toute puissante cachan ses connaissances mysterieuse du lavage sans lavabo ! Comme punition je termine mon commentaire Là !
non pas là............................. LÀ !
posté le 12 mars 2009 @ 06h40
Ahahaha! Mine de rien tu viens de faire mon quota de commentaires à toi tout seul!
Et même si je suis super bonne là-dedans, je ne vais pas chercher les 6 différences... dépecer des fruits, je trouve ça cruel.
posté le 11 mars 2009 @ 14h00
Il y as 6 différences entre les deux .... le prix c'est d'avoir la chance de dépecer une pomme-grenade pendant 20 minutes.
Brian
posté le 10 mars 2009 @ 23h51
Wooo la Catyhijgideje, t'es en train de dire que tu t'es mise dans une situation ou est-ce que s'il y avait eu un humain, mort, geler, inconscient, tu en aurais mangé un boutte!
Ca me rappelle que j'ai vecu la meme chose, sauf que c'était l'été, puis la poste était pas barré. En tout cas que d'émotion a baver ce verre!!
posté le 10 mars 2009 @ 23h50
Wooo la Catyhijgidej, t'es en train de dire que tu t'es mise dans une situation ou est-ce que, s'il y avait eu un humain, geler, mort, inconscient, tu en aurais mangé un boutte?
Ca me rappelle que j'ai vecu la meme chose, sauf que c'était l'été, puis la porte était pas barré. En tout cas, l'émotion d'avoir laver ce verre! Ouch!
posté le 10 mars 2009 @ 23h45