Depuis des semaines, mes nuits sont troublées par un cauchemar récurrent qui me hante et me mystifie au plus haut point. Ce rêve est si troublant que j’ai décidé de vous le partager. Saurez-vous l’interpréter?
Tout commence dans la salle à manger d’un vieux manoir. La pièce n’est éclairée que par une faible lueur, qui provient d’un aquarium vide où flambent des poissons rouges imbibés d’essence à briquet. Sans que je puisse me l’expliquer, ce spectacle me remplit de joie. J’essaie alors de me rapprocher de l’aquarium afin de mieux voir leurs yeux globuleux qui éclatent comme des grains de pop-corn mais une patte palmée me retient. Je tourne la tête et aperçoit aussitôt un énorme canard gris qui me dévisage.
- Où crois-tu aller comme ça, fiston?
Honteux de mon sadisme, j’improvise un mensonge:
- Bien, à vrai dire, je comptais calculer la superficie de mon front en utilisant un pied-de-biche.
Aussitôt, une biche descend du plafond, suspendue par des câbles en nylon, et se met à réciter l’alphabet de façon violente et incontrôlable. Effrayé, je me réfugie sous une écumoire à chameaux et j’observe la biche avec appréhension. Je réalise alors que son corps n’est pas recouvert de poils mais de milliers de facettes réfléchissantes. En fait, il s’agit d’une biche disco fabriqué par un pays visiblement dépourvu d’éthique animale. Cette prise de conscience me fait basculer en arrière et je me retrouve dans les bras du canard gris, qui part aussitôt en vol, m’emportant avec lui.
Nous survolons alors de grandes prairies où se roulent dans la boue de petits mammifères en forme de trompette. Le canard en profite pour me faire la morale:
- Tu sais, fiston, un pied-de-biche n’est pas un instrument de mesure. Il s’agit plutôt d’un objet qu’on utilise pour fracasser des oeufs de pouliche.
- Des oeufs de pouliche?
- Certainement. Et si tu veux mesurer ton front, je te recommande plutôt le gallon.
- Le gallon?
- Oui. Le gallon.
- Le gallon?
- Je te le jure. Le gallon.
- Gallon... comme dans "gallon"?
- Ce gallon-là, effectivement.
- Ce gallon-là?
- Ce gallon-là, oui.
- Oh.
Convaincu comme un seul homme, je me lance du haut des airs et percute avec violence le stationnement d’une quincaillerie, où des calinours habillés en smoking noir se ruent vers moi et me tirent de force à l’intérieur du magasin. Habitué aux films d’espionnage, je comprends rapidement que ces calinours font partie de la C.I.A. (Calinours Investigateurs d’Amérique).
Les calinours me tirent vers le gérant de la quincaillerie et l’un d’eux ouvre les pourparlers avec lui:
- Ce type désire un gallon.
- Un gallon de quoi?
Le calinours s’impatiente - démontrant ainsi que C.I.A. signifie plutôt Calinours Intempestifs d’Amérique - et il entre-ouvre son smoking pour faire luire à la lumière des fluorescents le manche d’un revolver recouvert de duvet. Le gérant, déconcerté, tente de comprendre:
- Vous désirez un gallon de peinture?
- Non, juste un gallon.
- Mais c’est qu’il y a des tas de gallons ici. Des gallons de peinture, des gallons de décapant, des gallons de...
Le gérant ne termine pas sa phrase que le calinours dégaine son arme et fait éclater la tête du gérant. Mais contrairement à l’image morbide que le lecteur pourrait s’imaginer ici, la tête ne projette pas des éclaboussures de sang mais bien des coupons-rabais. Le calinours affiche un air de satisfaction et s’écrie:
- Je savais bien que ce gérant n’était en fait qu’une pinata. Allez les gars... on va de l’avant.
Les calinours me traînent vers un membre du personnel qui est affairé à caresser affectueusement son avant-bras gauche tout en s’adressant de généreux compliments sur la texture de sa propre peau.
- Eh, l’hédoniste, on veut un gallon.
Sans cesser ses activités autocontemplatives, le garçon s’enquiert:
- Un gallon pour mesurer ou un gallon pour faire crépiter?
- Crépiter?
- Crépiter.
- Comment diable un gallon pourrait-il faire crépiter?
Le garçon lève la tête et sourit tout en empoignant par terre un gallon d’essence à briquet. L’attitude du jeune homme nous inquiète. Nous prenons alors la fuite par une sortie d’urgence mais au lieu d’aboutir dehors, nous aboutissons dans la salle à manger d’un vieux manoir. La pièce n’est éclairée que par une faible lueur, qui provient d’un aquarium vide où flambent des poissons rouges imbibés d’essence à briquet. Sans que je puisse me l’expliquer, ce spectacle me remplit de joie. J’essaie alors de me rapprocher de l’aquarium afin de mieux voir leurs yeux globuleux qui éclatent comme des grains de pop-corn mais une patte palmée me retient. Je tourne la tête et aperçoit aussitôt un énorme canard gris qui me dévisage.
- Où crois-tu aller comme ça, fiston?
Et mon rêve se poursuit ainsi en boucle interminable, encore et encore, jusqu’à ce que mon réveille-matin m’arrache de cet enfer.
Avez-vous une explication?
Merci Jean,
ta réponse est juste,et parfois, des rêves peuvent êtres prémonitoires ou d'inspiration supérieure, ou spirituelle.
J'en conviens, mais le niveau de lecture des échanges entre nous, tous les jours , est parfois un peu blafard ou simplement absent....Dommage, car pour les esprits sensibles, et les gens à l'oeil aiguisé, les autres semblent tellement ..ailleurs...
Il y a des daltoniens dans le monde et nous ne pouvons ne blamer personne de ce hazard des codes génétiques...
posté le 2 août 2008 @ 20h57
Je suis d'accord avec toi, Marc. Mis à part certains cas où les rêves sont dirigés par une action spirituelle extérieure, ils ne sont qu'un amalgame d'image sans signification.
posté le 29 juillet 2008 @ 23h15
Bonjour Jean et à tous les autres lecteurs du HQ,
Les rêves fascinent les gens et pourtant, ils sont tellement sans gravité ou sans sens d'une révélation hypothétique Q Résumons, les imaginaires nocturnes ne sont en fait qu'une mise-en-scène de notre subconscient, plus ou moins bien organisée dans notre esprit, qui peut s'avérer parfois pertinent, car il s'agit de notre mémoire ... en foire. Nos souvenirs *montés* au hazard, avec quelques divagations de notre imagination et vous avez-là un film *PSYCHOTRONIQUE* gratuit et si vous en souvenez quelques bribes, contez-les...Ça fait rigoler et ne coute rien.. Si jamais vous-vous en souvenez...c'est le plus difficile....
posté le 26 juillet 2008 @ 21h06
Hmmm... intéressant intéressant... Bon alors pour ce qui est du commentaire de Godmichou, je rejette tout d'emblée car je n'aime ni la drogue ni l'alcool. Alors ce n'est pas ce qui explique ce rêve délirant.
Pour ce qui est de Unedebileditbonjour, merci pour l'effort de recherche, j'apprécie.
Certes, je n'ai jamais vraiment rêvé une telle chose... mais ces idées viennent tout de même de mon cerveau, de mon inconscient... alors peut-être qu'il y a un fond de vérité dans les explications que tu m'as données. J'y réfléchirai.
posté le 24 juillet 2008 @ 19h44
Hé bah.. très..divertissant comme rêve! Bon.. pour l'analyse maintenant.. xD
Un aquarium signifie des des tracas. Les poissons rouges parlent de gens fortunés, et des poissons morts signifient aussi des problèmes. Donc des problèmes avec des gens fortunés ou des gens fortunés qui ont des problèmes.. enfin bref, passons. Des canards, ça veut dire soit une attaque sournoise, soit une querelle. Ce qui revient au même pour moi. Une biche, c'est du profit. C'est cool ça! Une biche disco, par contre.. xD.. Fracasser des oeufs (je sais pas si les oeufs de pouliches entrent dans la catégorie.. Et est-ce que c'est bon des oeufs de pouliches?) apporte des désagréments. Des gallons, serieusement, j'ai rien trouver. Des calinours non plus
Voir quelqu'un mourir est soit un signe de guérison ou de maladie (C'est très clair, mais c'est pas moi qui le dis, c'est le livre 'le rêve et ses symboles' de ma mère
) Une pinata est un symbole de jeu et de bonne compagnie, l'essence est une mise en garde contre un voleur ou une grosse somme d'argent..(tout aussi clair que l'histoire de maladie, ça)
Je pense que l'explication de mon explication est plus complexe que d'expliquer le rêve lui-même.. Et on voit à quel point j'ai du temps à perdre pour faire ça!
Mais j'aimerâis bien avoir des rêves comme ça, ils ont l'air franchement drôles!
posté le 24 juillet 2008 @ 17h55