Première partie : Lien vers la première partie
Les personnages :
- JACQUES, le citoyen-électeur qui devra triompher du mal;
- LES PANCARTES, toute une nation aux trousses de notre héros;
- DENISE, la coiffeuse de JACQUES et qui se demande pourquoi il est en retard à son rendez-vous.
On se souvient que précédemment, Jacques avait fait le serment de ne pas se laisser abuser par la pancarte, qui l'avait piqué au vif en laissant miroiter que ce dernier terminerait comme dindon de la farce.
- Que veux-tu Jacques, tu vois bien que le pouvoir des pancartes t'entoure. Tu n'es rien dans ce monde. C'est nous qui t'accueillons à la sortie de chez-toi, c'est nous qui te suivons sur la route de tes emplettes, nous sommes sur les pamphlets que tu traînes dans ton sac, nous occupons la radio que tu écoutes. Tu ne peux rien contre nous, les pancartes électorales. Vote pour nous, ou péris!
- Jamais je ne voterai pour toi, pancarte. Qu'on m'amène un vrai candidat et j'irai aux urnes. Mais une pancarte? Jamais. Je veux pas d'un représentant sans épaisseur, sans contenu autre qu'un gros slogan peinturé en lettres géantes. Je veux un humain, un de mes semblables, un homme ou une femme qui se battra pour moi et qui n'est pas attaché sur un poteau, immobile. Comprends que tu n'es rien, et à l'Assemblée Nationale on t'installeras dans un coin, bien cordé avec les autres pancartes pendant que ta gang décidera du sort de mes semblables. Vous avez passé l'hiver jackées 6 pieds au-dessus de nos têtes, vous ne comprenez rien de notre réalité, de nos préoccupations. Vous êtes hautaines, déconnectées et livides. On vous a fabriquées de toutes pièces, on vous a beurré d'un slogan et photocopiées en milliers d'exemplaires. Je ne voterai jamais, jamais pour ça.
[La terre tremble. La pancarte et ses semblables semblent se réveiller. Elles se détachent de leurs tie-wraps. MALHEUR! C'est la fin du monde!]
- Jacques, tu as eu tort de nous confronter. Mes frères, Mes soeurs : à l'attaque!
[Les pancartes se mettent alors à courir après Jacques]
- Pancartes, cessez tout ce cirque! Vous êtes sans la moindre emprise sur moi!
- Ah oui? Et comment cela?
- Vous êtes tellement plates, tellement méprisées, que dès lors que mes semblables constateront cette ridicule mutinerie ils viendront exprimer leur colère. Je n'ai qu'un cri à faire, qu'un seul appel à loger, et on vous descendra de votre piédestal. Il est encore temps de reculer. Retournez sur votre poteau, continuez votre rengaine et sacrez-moi patience. Même si vous m'énervez, je vous épargenai et accepterai que le monde continue à tourner avec votre présence occasionnelle. C'est l'accommodement raisonnable que je vous propose. Mais n'en abusez pas, sinon...
- À mon tour de te le demander, Jacques : sinon quoi?
[Jacques fouille dans sa poche et, consternation, en sort un crayon feutre]
- Sinon je vous équiperai d'une moustache tellement laide que le peu de crédibilité que vous affichez s'envolera en fumée. Vous me terrasserez, soit, mais vous serez condamnées toutes autant que vous êtes. Vous deviendrez Hitlériennes ou Staliniennes. Totalement discréditées.
- Jamais tu n'oserais...
- Et comment que j'oserais!
[Jacques empoigne son crayon et exprime son courroux au visage de la pancarte]
- Pancartes du Québec : repliez-vous! Voyez tout le sérieux de mes prétentions. Retournez sur votre poteau, et sacrez patience aux citoyens qui vous ignorent. Laissez-nous espérer en paix, dans l'attente d'un candidat avec plus de 2 dimensions. REPLIEZ-VOUS, je l'ordonne!
- Jacques, tu as gagné. On se replie. Cependant au jour du scrutin c'est encore nous qui l'emporterons alors que les gens comme toi seront forcés au mutisme. Tiens-le pour dit : ta race est en voie de disparition. Il est près le jour où nous, pancartes, dominions sans partage l'Univers Connu!
FIN
maudit que cé bon tu devrai faire ce genre d'édito plus souvent bravooo!
posté le 7 mars 2007 @ 08h12
hehe j'aime bien le côté jeu-vidéo où il doit combattre les pancartes ... lol quelle histoire... rien de moins vrai néanmoins... on vote pour des bouts de plastiques, bouts de plastiques qui ne feront aucun changement dans la vie de personne... pfffff vive la politique...
posté le 6 mars 2007 @ 12h12
Quelle histoire celle de Jacques...
Malheureusement, il y a beaucoup de vrai dans cette histoire.
Je réitère encore une fois mon dégoût à voir nos futurs chefs se lancer des insultes et se blâmer mutuellement.
posté le 6 mars 2007 @ 12h03