Lorsqu'en un joyeux matin ensoleillé nous nous dirigeons vers notre voiture pour nous promener, nous prenons pour acquis certaines choses. Par exemple: que le ciel sera bleu, que l'herbe sera verte et que la poignée de porte de notre voiture ouvrira la porte.
Mais en ce matin de je ne sais trop quel jour de je préfère ne plus trop savoir quelle année, mes conceptions fondamentales de la vies furent ébranlées lorsque la poignée côté passager se détacha avec insolence de la porte. Je la contemplai et esquissai un faux sourire afin de masquer le flot de sombres pensées qui déferla sur moi en cet instant. Des pensées du genre: si je fais réparer cette poignée, devrai-je remettre le paiement de ma facture de téléphone à plus tard ou sacrifier le beurre d'arachide pendant 3 ans afin d'absorber les frais?
En consommateur averti, je pris la décision qui me sembla la plus sensée: envoyer cette poignée chez le diable. Après tout, il y avait une poignée à l'intérieur également. A quoi bon s'embarasser d'une poignée extérieure superflue? La réponse allait venir plus tard.
Entre temps, ma voiture sembla développer un complexe face à cette poignée manquante qui affectait sa symétrie. Un bon matin, elle me fit donc cadeau de l'autre poignée extérieure, celle du conducteur. Peut-être est-ce le bon moment pour vous préciser que ma voiture est une voiture 2 portes. Et si vous possédez quelques rudiments de mathématiques, vous aurez devinez qu'il n'y avait plus de poignées du tout pour entrer à l'intérieur.
Oh mais ne tremblez pas d'effroi. Du moins pas tout de suite. J'avais plus d'un tour dans mon sac. Je déposais donc ma poignée manquante dans ma boîte à souvenirs – celle qui rassemble tous les morceaux qui se détachent de ma voiture – et j'ouvris la haillon harrière.
Il me semblait facile d'entrer dans la voiture par l'arrière. Mais j'avais oublié l'élément dignité. Qu'allaient penser de moi les passants en me voyant m'engouffrer dans le coffre de la voiture comme un pauvre voleur? Qu'importe. J'avais un trajet à faire et je devais surmonter mes inhibitions. J'entrai (lire ici: rampai) par l'arrière de la voiture et fis mon chemin jusqu'à mon siège. Une fois en place, je poussai un long soupir hybride. Un soupir hybride est un soupir qui veux dire deux choses contradictoires à la fois. D'une part: « Yess... j'y suis arrivé! »... et d'une autre part: « Est-ce que je viens de faire ce que je pense que j'ai fait? »
A partir de ce jour, je perfectionnai mon talent pour ramper de l'arrière à l'avant de la voiture en un temps record. Mais malgré cela, un problème demeurait: Que faire lorsqu'on allait au marché? Faire l'étalage de mes talents de chenille rampante turbo, et cela devant la populace entière? Non. Il me fallait un plan B. Je pris donc l'habitude de laisser la fenêtre ouverte juste assez pour pouvoir glisser mon bras à l'intérieur et ouvrir la porte de cette façon. Naturellement, à chaque fois que venait le temps de m'exécuter, une voiture était stationnée à côté et il fallait que quelqu'un s'y trouve pour m'observer.
Mais le plan B ne pouvait convenir à tous les jours. Comme par exemple les jours de pluie. J'avais alors le choix de ramper devant tout le monde (Plan A) ou de me payer un siège bien juteux en revenant des emplettes (Plan B). Vous devinerez que malgré mes nerfs solides, je ne pus me résoudre à vivre bien longtemps de cette façon et je me résignai à sacrifier 3 ans de beurre d'arachide afin de faire réparer la poignée extérieure côté conducteur. Et comme il n'y a pas de coupons 2 pour 1 chez les garagistes, je laissai la poignée côté passager à son triste sort. Car, -- et c'est ici que revient la question posée auparavant – à quoi bon s'embarasser d'une poignée extérieure superflue? La réponse vint le jour où la poignée intérieure correspondante flancha elle aussi.
Une porte sans poignée aucune n'est pas vraiment une porte. A moins de retirer tout le mécanisme et qu'elle puisse ainsi s'ouvrir et se fermer librement au gré du vent. Mais comme je ne suis pas portée sur ce genre d'extravagances, je fis donc un mécanicien de moi-même et démontai la porte afin de réparer la poignée. Je me rendis bien vite compte que pour la mettre à nouveau en place, il me faudrait acheter une pièce. Or, je n'avais pas mis une croix sur une nouvelle poignée pour me retrouver avec l'achat d'une pièce tout aussi coûteuse. Je fouillai donc dans ma quincaquillerie personnelle et trouvai une pièce de remplacement tout à fait convenable: des supports à stores en métal. Mon ingéniosité porta fruit et je peux attester qu'à ce jour la poignée intérieure fixée avec des supports à stores fait très bien son travail.
Après avoir réparé cette poignée, je me sentis rempli de fierté et conforté dans mes talents de bricoleur. J'entrepris donc de trouver une solution à un autre problème que j'ai passé sous silence jusqu'ici afin de ménager vos nerfs un peu. Mais je dois avouer que cet autre problème était de ma faute. C'est qu'avec le temps, les caprices de ma voiture m'avaient poussés à l'indifférence affective et je m'étais mis à utiliser ma voiture comme une camionnette. Je transportais tout ce qui me tentait. Or, un bon jour je dépassai les bornes en transportant de grosses pièces de bois qui déformèrent le haillon arrière. Ce dernier refusa dès lors de se refermer complètement. Vous direz peut-être qu'on s'en moque. A quoi bon verrouiller l'arrière d'une hyundai accent 1996 toute rouillée? Poser cette question, c'est ignorer que la fermeture adéquate du haillon arrière sert à une chose insoupçonnée: empêcher la poussière de s'engouffrer à l'intérieur de la voiture. Or, il se trouve qu'en plus d'utiliser la voiture comme une camionnette, je l'utilisais également comme tout terrain et j'aimais explorer de nouveaux sentiers dans les forêts gaspésiennes avec ma petite famille. Mais une fois le haillon déformé, les promenades en sentier transformèrent l'habitacle en fumoir à humains. La poussière et le sable envahissaient l'air et salissaient chaque millimètres de surface qui s'offrait à eux.
Imaginez maintenant le topo: une voiture rose saumon et rouillée se stationne péniblement dans notre cour, émettant le grondement distinctif du silencieux mal foutu. Puis les portes aux poignées amochées s'ouvrent dans un grincement inquiétant. Puis sortent un à un femme, enfants et chef de famille. Tous recouverts d'un demi centimètre de poussière, semblables à des pigmés en pleine guerre. La misère, vous dites?
Attendez. Il peut y avoir pire. Mais je vous réserve cela pour le troisième et dernier volet de mon journal intime. D'ici là, prenez soin de vous. Et surtout... réfléchissez avant d'acheter une voiture.
Ouais, j'avais pensée à cela mais si on ajoute 3 écrans plasma et 13 hauts-parleurs 2800 watts dans ma voiture, je crains que le tout s'effondre comme un château de cartes. Vaut mieux ménager ma pauvre bête jusqu'à son expiration naturelle.
posté le 20 juillet 2008 @ 19h55
Ahahah ! Là, t'as plus le choix...il faut que tu demande l'aide de "Pimp my ride" avec Xzibit à MusiquePlus ! Rendu à ce trade, on appelle plus ça une voiture, mais bien une "domp" avec des roues ! Hihihi !
So, Bonne chance avec ta...euh...ton..ton affaire là !
posté le 17 juillet 2008 @ 13h27